Yao répare des téléphones à Bouaké. Depuis un an, il met de côté un peu de bitcoin ($BTC) chaque mois. Un jour, il a gagné un peu en revendant. Personne ne lui a jamais demandé d'impôt dessus. Mais à 13 000 km de là, en Corée du Sud, des millions de petits investisseurs se posent la question qui finira par arriver chez Yao : « Quand je gagne en crypto, je paie combien à l'État ? »
📋 Les faits (presse coréenne, 25-26 octobre 2026)
• En Corée du Sud, la loi prévoit un impôt de 22 % (impôt local compris) sur les gains tirés de la vente ou du prêt de cryptos, à partir du 1er janvier 2027.
• Il y a une franchise : les premiers 2,5 millions de wons de gains par an ne sont pas taxés.
• Exemple donné par Financial News : 10 millions de wons de gains dans l'année = 1,65 million de wons d'impôt.
• Cet impôt a déjà été repoussé trois fois depuis 2020 (prévu au départ pour 2022).
• Le 25 octobre, la présidence a dit qu'un nouveau report « est à l'étude, rien n'est décidé ». Ce serait le 4e. Il faudrait un accord gouvernement-majorité puis un vote du Parlement.
• Une proposition de loi déposée par le député Kim Sang-hoon et 11 autres veut décaler le début au 1er janvier 2029 (TokenPost).
🧠 Le mécanisme, expliqué simplement
On ne paie pas 22 % sur tout ce qu'on achète. On paie sur le gain : prix de vente moins prix d'achat (et certains frais), moins la franchise.
Exemple : 10 millions de gain, moins 2,5 millions de franchise = 7,5 millions taxables. 22 % de 7,5 millions = 1,65 million. Ceux qui gagnent peu ne paient rien.
🤔 Pourquoi Séoul hésite encore ?
1️⃣ Les plateformes ne sont pas prêtes. Selon Financial News, aucune des cinq grandes plateformes coréennes (Upbit, Bithumb, Coinone…) n'a terminé son système de calcul fiscal. Il faudrait au moins 6 à 9 mois de travail.
2️⃣ Le problème de l'étranger. Un échange d'informations entre pays (le cadre CARF de l'OCDE) démarre l'an prochain, mais les États-Unis n'y entreront pas avant 2029. Résultat craint : ceux qui tradent sur des plateformes coréennes paieraient, ceux qui passent par l'étranger beaucoup moins.
3️⃣ La politique. Beaucoup de jeunes investissent en crypto et sont contre. La première déclaration tomberait en mai 2028, juste après des élections législatives (Asia Business Daily).
⚖️ La nuance
Reporter n'est pas supprimer. Le vice-ministre des Finances l'a rappelé : « là où il y a un revenu, il y a un impôt ». Même l'association du secteur (KDA) dit ne pas être contre l'impôt, elle demande juste d'abord une vraie loi de protection des investisseurs. Le vrai sujet n'est pas « payer ou pas », mais « payer avec des règles claires et justes ».
🌍 Et pour Yao, en Afrique ?
Le cadre CARF, c'est l'idée que les plateformes transmettent un jour les informations de leurs clients aux impôts, et que les pays se les échangent. Petit à petit, ce mouvement s'étend partout dans le monde. Pour Yao, le réflexe utile ne coûte rien :
• Garder une trace simple de chaque achat et vente : date, montant, prix.
• Distinguer « épargne » et « gain réalisé » : tant qu'il ne vend pas, il n'a pas encaissé de gain.
• Se renseigner sur les règles de son propre pays plutôt que de supposer que « la crypto, ce n'est pas taxé ».
Le jour où une règle arrivera, celui qui a ses notes passe 10 minutes à déclarer. Celui qui n'a rien passe des semaines à reconstruire.
🎯 À retenir
• Corée : 22 % au-delà de 2,5 millions de wons de gains, prévu au 1er janvier 2027, peut-être repoussé une 4e fois (rien de décidé).
• Ce qui bloque, ce n'est pas le principe, c'est l'organisation : plateformes pas prêtes, règles floues, étranger difficile à suivre.
• Pour nous : noter ses opérations dès aujourd'hui, c'est la meilleure assurance.
💬 Selon toi, un impôt sur les gains crypto, c'est juste ou ça décourage les petits épargnants ? Et toi, tu notes tes achats et ventes ? Dis-le en commentaire.
Sources : Asia Business Daily (25/10), Aju Press (26/10), Financial News (25/10), TokenPost, Korea JoongAng Daily (octobre 2026). Pas un conseil fiscal ni financier.