Les frais bancaires font partie de ces réalités que l’on accepte souvent sans trop les questionner. La raison est simple : presque personne ne lit réellement la grille tarifaire de sa banque. Trop longue, trop technique, parfois décourageante. Résultat : la plupart des clients ne découvrent pas les coûts au moment où ils prennent une décision, mais après coup, une fois les prélèvements passés.

Pendant des années, cela a été toléré. Mais en 2026, cette habitude s’effrite nettement. Non seulement parce que les budgets sont sous tension, mais surtout parce que les usages ont changé : les Français comparent, arbitrent, changent de services… et attendent de leur banque la même clarté qu’ils exigent d’un service numérique.

Le vrai tournant n’est donc pas uniquement une question de hausse. C’est une question de standard : une finance où les coûts doivent être visibles, compréhensibles et anticipables.

Des frais dispersés qui finissent par peser lourd

En 2025, un client français a payé en moyenne 229 euros de frais bancaires par an, en hausse de 1,7% par rapport à 2024. À l’époque, les projections annonçaient déjà une poursuite de la hausse en 2026, autour de 2 à 2,5%.

Le problème n’est pas seulement le montant : c’est la manière dont il se construit. Les frais bancaires ne sont pas vécus comme un prix, mais comme une addition morcelée. Une série de micro-lignes qui s’additionnent sans que l’on s’en rende pleinement compte.

Les frais les plus banals sont souvent les plus irritants : 22,10€ de frais de tenue de compte en moyenne en 2025 (+6,8%), simplement pour avoir un compte. Ou encore des frais de carte pouvant aller de 30€ à plus de 140€ par an (+3,2% en moyenne en 2025).

À cela s’ajoutent les coûts du quotidien : retraits hors réseau, paiements à l’étranger, opérations “exceptionnelles”. En France, après quelques retraits gratuits mensuels, le retrait supplémentaire coûte souvent autour de 1€. Hors zone euro, la facture grimpe vite : 3€ + 2 à 3% du montant.

Et il existe une mécanique encore moins comprise : les frais liés à l’inactivité. Un compte peut être considéré comme inactif après 12 mois sans mouvement, avec des frais qui peuvent atteindre 30€ par an. Certaines banques en ligne facturent également l’inactivité de la carte, avec des montants annoncés entre 10€ et 50€ selon le type de carte.

Les incidents : là où la confiance casse

Là où le sujet devient explosif, c’est du côté des incidents : découvert, rejet de prélèvement, dépassement d’autorisation. Non pas parce qu’un service ne devrait pas être facturé, mais parce que les frais associés restent vécus comme disproportionnés.

La commission d’intervention, prélevée lorsque vous dépassez votre découvert autorisé ou lorsqu’une opération est effectuée alors que le compte n’est pas suffisamment approvisionné, peut grimper jusqu’à 8€ par opération, avec un plafond de 80€ par mois (4€ et 20€/mois pour les personnes en fragilité financière).

Le découvert autorisé illustre aussi l’ambiguïté : présenté comme une souplesse, il fonctionne comme un crédit très court terme, qui peut atteindre jusqu’à 18%. Et surtout, cela concerne un volume important de Français : 22% seraient à découvert presque chaque mois, souvent dès le 16 du mois.

Un mouvement déjà engagé

Ce basculement n’est pas seulement culturel : il est aussi réglementaire. Jusqu’en 2024, le virement instantané était généralement facturé entre 0,50€ et 1€. Depuis le 9 janvier 2025, une réglementation européenne impose sa gratuité. Le signal est clair : l’accessibilité et la transparence des paiements deviennent un cadre, pas une option commerciale.

Dans ce contexte, la comparaison entre banques traditionnelles et néo-banques crypto se joue moins sur la solidité que sur l’expérience.

Banques traditionnelles vs néo-banques crypto : l’expérience avant tout

Les néo-banques crypto ne se différencient pas uniquement par l’accès à des services liés aux actifs numériques. Leur force est surtout d’avoir conçu une expérience bancaire adaptée aux standards actuels : coûts plus visibles, alertes en temps réel, suivi instantané des opérations, logique de pilotage plutôt que de découverte “après”.

Face à elles, les banques traditionnelles restent associées à un modèle plus historique : grilles tarifaires complexes, frais fragmentés, packages peu lisibles, et une information qui n’arrive pas toujours au moment utile. Elles évoluent, bien sûr, mais la perception du décalage demeure.

L’évolution des attentes se reflète aussi dans la surveillance des pratiques : en 2020, six banques françaises ont été sanctionnées par la DGCCRF pour frais jugés excessifs, pour un total dépassant 2,8 millions d’euros.

En 2026, un basculement est en cours

Les frais bancaires ne vont pas disparaître. Le sujet n’est pas de promettre une banque gratuite. Le sujet, en 2026, est ailleurs : construire une finance explicable, où l’utilisateur sait ce qu’il paie, pourquoi il le paie, et à quel moment.

C’est précisément ce que les néo-banques crypto accélèrent : la fin des surprises et l’émergence d’un standard de clarté. L’ère des “petites lignes” n’est pas terminée, mais elle recule. Et ce basculement est déjà en cours.

6 réflexes pour réduire ses frais bancaires

  1. Passez vos frais au crible : Analysez vos relevés de compte et surtout le relevé annuel des frais bancaires envoyé par votre banque. Repérez les frais récurrents (tenue de compte, carte, incidents) et ceux que vous pouvez éviter.

  2. Comparez vraiment les offres :Plus de 200 établissements proposent aujourd’hui des services de paiement, chacun avec ses tarifs et son vocabulaire. Mettre les banques en concurrence reste le moyen le plus efficace de payer moins.

  3. Miser sur le “en ligne” : Les banques en ligne et néobanques offrent souvent des coûts réduits, notamment via la suppression des frais de tenue de compte, ce qui peut représenter une économie d’environ une vingtaine d’euros par an.

  4. Ajustez votre carte à vos usages : Une carte haut de gamme peut être utile (assurances, plafonds), mais si vous n’en profitez pas, redescendre en gamme réduit immédiatement la facture.

  5. Réduisez les retraits hors réseau : Respectez le nombre de retraits gratuits, privilégiez votre réseau bancaire, et faites des retraits plus importants mais moins fréquents pour limiter les frais.

  6. Encadrez votre découvert : Si les incidents s’accumulent, discutez avec votre banque d’une autorisation de découvert adaptée (ou d’une hausse de plafond) pour éviter l’effet “boule de neige” des commissions.

À retenir : avec 229€ de frais annuels en moyenne en 2025, reprendre le contrôle passe par trois leviers simples : comprendre, comparer et changer si nécessaire.

A propos de l’auteur

Chloé Desenfans est entrepreneuse dans l’univers des cryptomonnaies depuis 2018. Elle développe et structure avec ses équipes des marques partageant une ADN commune : les actifs numériques et leurs usages concrets.

Elle est à l’origine de Wigl, un service de paiement qui réconcilie, au sein d’une même application, les euros et les cryptos, avec jusqu’à 7 % de cashback sur les achats du quotidien, afin de rendre les actifs numériques simples, utiles et accessibles au quotidien.