Vitalik explique que la vision originale des L2 sur Ethereum ne tient plus face à la réalité actuelle.
À l’origine, les L2 devaient servir de « shards de marque Ethereum », c’est à dire étendre la capacité d’Ethereum tout en héritant entièrement de sa sécurité et de ses garanties. Or, deux constats changent la donne : d’une part, les L2 progressent très lentement vers des modèles totalement trustless (stage 2), parfois par choix technique ou réglementaire ; d’autre part, Ethereum L1 est en train de scaler directement, avec des frais très bas et une augmentation massive du gas limit prévue dès 2026. Ethereum n’a donc plus besoin des L2 pour exister comme couche scalable.
Dans ce contexte, beaucoup de L2 ne « scalent » pas Ethereum au sens strict.
Certaines assument même qu’elles garderont un contrôle centralisé (stage 1), ce qui peut être acceptable pour leurs utilisateurs ou leurs contraintes réglementaires, mais qui les sort clairement de la promesse initiale du rollup-centric roadmap. Vitalik affirme que ce n’est pas un problème en soi : il faut simplement arrêter de présenter ces L2 comme des extensions naturelles d’Ethereum. Elles doivent être vues comme un spectre de chaînes, avec différents niveaux de dépendance et de garanties vis-à-vis d’Ethereum, que chaque utilisateur est libre d’accepter ou non selon ses besoins.
Pour les L2, le message est direct : le simple argument du « scaling » ne suffit plus.
Elles doivent apporter une vraie valeur ajoutée, comme des VM non-EVM, de la confidentialité, des applications spécialisées, du social, de l’IA, une latence ultra-faible ou des fonctionnalités impossibles à vérifier purement on-chain. Si elles manipulent des assets Ethereum, elles devraient au minimum être en stage 1, sinon elles ne sont rien d’autre que des L1 avec un bridge.
Côté Ethereum, Vitalik pousse fortement l’idée d’un native rollup precompile : un mécanisme intégré directement dans Ethereum pour vérifier des preuves ZK-EVM.
Cela rendrait la sécurité des rollups réellement native, sans security council, avec des mises à jour automatiques et des hard forks en cas de bug. Ce système permettrait une interopérabilité forte, trustless, et même une composabilité synchrone entre L1 et L2. Les L2 pourraient alors vérifier la partie EVM via Ethereum, et apporter leurs propres preuves uniquement pour leurs extensions spécifiques.
La conclusion est sans détour : l’écosystème restera permissionless, donc certaines chaînes seront centralisées, backdoorées ou peu sûres, et c’est inévitable.
Le rôle d’Ethereum n’est pas de l’empêcher, mais de clarifier les garanties offertes et de renforcer au maximum le cœur du protocole. Les L2 ne doivent plus seulement « étendre L1 », mais inventer quelque chose de réellement nouveau.
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