Le prĂ©sident du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusĂ© le prĂ©sident Donald Trump d’avoir formulĂ© « sept affirmations en une heure, dont les sept Ă©taient fausses ». Cette dĂ©claration est intervenue quelques heures aprĂšs que le S&P 500 a enregistrĂ© sa reprise la plus rapide depuis 1982.

Ghalibaf a publiĂ© cette critique sur X (Twitter) et Telegram tard vendredi, s’opposant directement Ă  la maniĂšre dont Washington prĂ©sente la rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Hormuz et les termes plus larges du cessez-le-feu.

Ce qu’a rĂ©ellement dit Ghalibaf

Le responsable iranien a formulĂ© plusieurs objections prĂ©cises. Il a rejetĂ© toute suggestion selon laquelle les États-Unis auraient gagnĂ© en influence par le biais de leurs dĂ©clarations publiques, Ă©crivant que Washington « n’a pas gagnĂ© la guerre avec ces mensonges, et ils n’obtiendront certainement rien non plus lors des nĂ©gociations ».

Il a averti que « si le blocus se poursuit, le dĂ©troit d’Hormuz ne restera pas ouvert ». Il a Ă©galement indiquĂ© que tout transit de navires par ce passage suivra un itinĂ©raire dĂ©terminĂ© par TĂ©hĂ©ran, nĂ©cessitant une autorisation iranienne et une coordination avec ses forces armĂ©es.

« Que le détroit soit ouvert ou fermé, et les réglementations qui en découlent, seront déterminés sur le terrain, et non sur les réseaux sociaux », a précisé Ghalibaf dans une déclaration.

Le prĂ©sident du Parlement a Ă©galement rĂ©futĂ© l’affirmation rapportĂ©e selon laquelle l’Iran aurait acceptĂ© de transfĂ©rer son uranium enrichi, la qualifiant d’entiĂšrement fausse.

Il a prĂ©cisĂ© que l’uranium enrichi iranien « ne sera en aucun cas transfĂ©rĂ© nulle part » et que tout blocus naval serait considĂ©rĂ© comme une violation du cessez-le-feu.

Dans la mĂȘme veine, le porte-parole de la Commission parlementaire iranienne de la sĂ©curitĂ© nationale a dĂ©clarĂ© Ă  Al Jazeera qu’ils n’autoriseront pas la sortie de l’uranium d’Iran et que les affirmations amĂ©ricaines sur les rĂ©seaux sociaux ne correspondent pas Ă  la rĂ©alitĂ©.

Ouvert en théorie, fermé en pratique

L’Iran a officiellement dĂ©clarĂ© le dĂ©troit d’Hormuz ouvert le 17 avril, Ă  la suite d’un cessez-le-feu au Liban remplissant l’une des conditions posĂ©es par TĂ©hĂ©ran.

Les marchĂ©s pĂ©troliers ont rĂ©agi vivement. Le Brent a chutĂ© de plus de 9 % pour s’établir Ă  90,38 dollars le baril et le brut amĂ©ricain a perdu 11,4 % pour tomber Ă  83,85 dollars.

Cependant, la rĂ©ouverture n’a pas permis un retour Ă  la normale du trafic maritime. Le volume des expĂ©ditions reste bien infĂ©rieur Ă  la moyenne d’avant-guerre, qui atteignait 130 Ă  140 navires par jour.

Plus de 150 tankers sont actuellement Ă  l’ancre autour du dĂ©troit, tandis que les coĂ»ts d’assurance Ă©levĂ©s et les signaux contradictoires entre les États-Unis et l’Iran incitent la plupart des opĂ©rateurs Ă  rester prudents.

Le blocus amĂ©ricain des ports liĂ©s Ă  l’Iran reste Ă©galement en vigueur.

L’écart entre la rhĂ©torique de TĂ©hĂ©ran et le rĂ©cit de Washington suggĂšre que les nĂ©gociations restent fragiles. En l’absence d’un accord sur la prolongation du cessez-le-feu et alors que les deux parties contestent les faits les plus Ă©lĂ©mentaires, le statut du dĂ©troit pourrait Ă  nouveau Ă©voluer rapidement.

Les marchĂ©s qui ont amorcĂ© un rallye Ă  l’annonce de la rĂ©ouverture devraient peut-ĂȘtre anticiper le risque que l’optimisme de vendredi ait Ă©tĂ© prĂ©maturĂ©.

Au moment de la rĂ©daction, Bitcoin s’échangeait Ă  77 192 dollars, en hausse de 3,6 % sur les derniĂšres 24 heures. Cependant, le rallye anticipĂ© du week-end vers 80 000 dollars reste difficile Ă  concrĂ©tiser, les marchĂ©s prenant conscience que l’optimisme entourant la rĂ©ouverture du dĂ©troit Ă©tait prĂ©maturĂ©.