WALL STREET SOUS ANESTHÉSIE : RECORDS, VOLATILITÉ ÉCRASÉE… MAIS LE POTENTIEL DE HAUSSE S’ÉVAPORE

Les marchés américains ont terminé la semaine presque à l’équilibre, malgré quelques signes de faiblesse. Le S&P 500 a reculé de 0,2 % par rapport à son record historique, tandis que le Nasdaq a perdu 0,3 % et le Dow Jones 0,2 %. Le S&P 500 signe néanmoins une troisième semaine consécutive de progression.

Wall Street a à peine réagi à la baisse surprise de 0,6 % des ventes au détail, en partie liée à l’anticipation de promotions comme le Prime Day d’Amazon, ni à la hausse de 1,7 % du Brent, alors que les négociations entre Washington et Téhéran restent bloquées.

Le signe le plus frappant de cette sérénité est le VIX, tombé à 14,25 points, son plus bas niveau depuis décembre, très loin de sa moyenne historique de 19,45.

Cette tranquillité repose en grande partie sur une saison des résultats exceptionnelle : les bénéfices des entreprises du S&P 500 devraient progresser de plus de 31 % au deuxième trimestre. Parallèlement, des statistiques plus faibles sur l’inflation et l’emploi ont réduit les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale.

Mais derrière cette apparente euphorie, Wall Street devient prudente. L’objectif moyen des analystes pour le S&P 500 en fin d’année tourne autour de 7 900 points, soit seulement environ 1,5 % de potentiel supplémentaire.

Autre signal : les Magnificent Seven ne gagnent qu’environ 4 % cette année, contre près de 14 % pour le S&P 500 et 16 % pour sa version équipondérée. Le marché commence donc à se demander si une grande partie du boom de l’intelligence artificielle n’est pas déjà intégrée dans les valorisations.

La croissance des bénéfices pourrait également ralentir vers 13,6 % en 2027, alors que le rallye lié à l’IA entre progressivement dans sa quatrième année.